INTERVIEW / FAQ

INTERVIEW

 Q : Comment pourriez-vous définir votre style

Je n’ai pas décidé d’avoir un style ou un autre, il se trouve que depuis le début des années 80, je suis attiré par le détournement d’image, l’ambiguïté, la double lecture et je n’ai pas attendu Photoshop pour cela. J’ai subi à l’évidence les influences d’artistes peintres comme Dali, Magritte et de photographes comme Ernst Hass. Je suis une éponge et j’adore me laisser impressionner par de nombreux artistes actuels comme Ronald Ong ou Erik Johansson.

Ma double influence parisienne et caribéenne, ma double passion pour la photographie animalière qui apprend l’instinct (j’ai travaillé deux ans pour le WWF en Afrique) et la photo publicitaire qui apprend la rigueur (elle aura occupé plus de 25 ans de ma vie) ont créé en moi ce mélange paradoxal au service de l’imaginaire.

Q : Où avez-vous appris à créer ces photos ?

Je n’ai rien appris, en tout cas pas à l’école ! Enfant, j’adorais dessiner, ensuite j’ai adoré la photo, j’ai voulu faire l’école Louis Lumière mais je n’étais pas bon en chimie et en maths, ça n’a donc pas duré. J’ai appris sur le tas, par passion et ça a pris beaucoup de temps. Mon travail quotidien, la photographie publicitaire, m’a forcé à me mettre à jour de manière constante sur l’évolution des technologies et moi qui adorais manipuler les photos par masquage, dye-transferts ou collages, l’invention de Photoshop a considérablement facilité mes délires visuels.

Q : Combien de temps faut-il pour faire des photos comme cela ?

C’est très compliqué à dire et surtout très variable ! Cela peut mettre quelques jours à plus d’un an ! Tout dépend de la complexité de l’idée initiale, des moyens dont il faut disposer, des personnes dont il faut s’entourer, de la lumière, de la saison, des repérages nécessaires.

Q : Où trouvez-vous l’inspiration ?

Partout ! Elle peut être éphémère et c’est pour cela qu’il me faut absolument la dessiner immédiatement. Des idées, j’en ai beaucoup, mais peu sont vraiment réalisables dans le sens où je tiens toujours à rester dans la zone d’incertitude entre réalité et fiction.

Mon inspiration est aussi influencée par d’autres artistes, d’hier et d’aujourd’hui, comme Dali, Magritte, Cheico Leydmann, Helmut Newton, David Lachapelle, Ernst Hass… (dans le désordre, comme ça me vient)

Q : Comment créez-vous vos photos ?

Tout commence par une idée que je couche sur papier ; Je fais une sorte de croquis sommaire (j’ai appris ça par la photo publicitaire) que je stocke dans un coin. J’en étudie la faisabilité technique et matérielle et je planifie alors mes besoins en termes de stylisme, de modèles, de repérages, de lumière. Vient alors le temps de tout rassembler et cela peut prendre du temps ! Je réalise alors autant de photos que nécessaire, selon le plan que j’ai établi, le travail de post-production venant en dernier ou presque car il m’arrive très souvent de laisser végéter un travail que je pense finalisé pour le reprendre plus tard, de quelques jours à plusieurs semaines. Ce délais de latence est important car il permet de prendre du recul face à l’obstination du moment. Comme le bon vin (Je suis Français !), il faut savoir le laisser décanter !

Q : Quel matériel utilisez-vous ?

Aujourd’hui (car ça a évidemment beaucoup évolué au fil des années), j’utilise un Canon EOS5 DS, parfois un Mamiya RZ67 (de plus en plus rarement). En lumière, des flashs Broncolor et surtout le soleil. Mes ordinateurs sont un iMac 27’’ et un MacBook portable pour les shootings. Mon logiciel de référence est Photoshop.

Q : Avez-vous uniquement ce travail d’art ou avez-vous un autre travail à coté ?

Jusqu’en 2013 je travaillais à 70% de mon temps en studio pour la publicité et le reste du temps pour ma passion artistique. Progressivement, mon travail artistique a pris le pas, il représente aujourd’hui 80% de mon temps.

Ma collaboration avec Sophie Men et Sophie Verchère, mes agents, me permet de programmer plus facilement la part commerciale et la part purement artistique.

Q : Quelles sont les personnes qui vous inspirent ou vous influencent ?

Elles sont multiples et continuelles ! Lorsque j’ai commencé la photo, je suis tombé sur le livre « La création » de Ernst Hass, ce fut un véritable choc révélateur pour moi. Mais des photographes aussi éloignés de moi que sont Bourdin, Newton, Doisneau, Leydmann, Lachapelle ont apporté en moi ce grain d’impertinence, ce cadrage décalé, le sens fondamental de l’écriture photographique… Aujourd’hui je m’émerveille des travaux de Erik Johansson ou de Ronald Ong, proches de ce que je fais.

Q : Quel est votre parcours ?

Paris, le lycée Carnot, un intérêt dès 14 ans pour la photo, puis les errances, une tentative à l’école Lumière à Paris, une rencontre avec Christian Zuber (Caméra au poing) et Michel Klein, photographe animalier en Afrique de l’ouest pour le WWF, puis retour aux fondamentaux comme assistant en studio publicitaire à Paris (Pin Up et Baobab), puis création de mon propre studio à Rouen et en 1990, la découverte des Caraïbes et de la Guadeloupe, re-création d’un grand studio en Guadeloupe. Aujourd’hui, plus de studio, je confectionne mon travail chez moi et mon studio est la terre entière.

Q : Je veux apprendre et devenir artiste comme vous, que me conseillez-vous ?

Avoir envie, d’abord et avant tout ! Ensuite, s’imprégner de la créativité et du sens de l’écriture des gens que l’on admire …pour ne pas faire comme eux. Car ils l’ont déjà fait !

Apprendre à photographier et à traiter des images en post-production est à la portée de tous, mais le talent n’est qu’à la portée de certains. Le plus dur peut-être est de se persuader que l’on en a, du talent, réellement. Pour cela, une seule solution, se confronter, quand on est prêt, à un public qui ne vous connaît pas et qui ne risque pas d’être soupçonné de complaisance.

Mais au-delà de cette recherche du Graal, le plaisir inestimable de créer et d’apprendre toujours et encore, en est la vertu essentielle.

Q : Organisez-vous des stages, des workshops, des conférences ?

Oui, sur demande. Si un projet résonne en vous, contactez mon agent Sophie Verchère (Voir page contacts)

Q : Puis-je acheter l’une de vos photos ?

Oui, allez à la page du site TIRAGES D’ART et vous saurez tout à ce sujet !

Q : Puis-je utiliser ou reproduire vos photos dans un but promotionnel ou commercial ?

Non. Les photographies que je réalise sont protégées par les règles des droits d’auteur. Si vous souhaitez utiliser une de mes photos, vous devez m’en faire la demande à contact@alainlacki.com . Sur le web, vous pouvez néanmoins les partager à titre exclusivement privé, en précisant toutefois mon Nom et l’adresse de mon site web.